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Bône - Annaba

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  • Livre: "ALGER, je n'ai pas oublié"...
  • Livre: "Mon Algérie perdue à jamais. Mes jours heureux à Bône. 1949-1962"...
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Claude

Sur les pas de mon enfance...Bône 2010

(Claude Buschiazzo-Baglin)

Ce matin, comme tous les mardis, je suis allée au marché du village voisin... A peine ma voiture garée, un sentiment étrange s'est emparé de moi, j'ai attendu quelques instants, puis je suis sortie... J'ai fait quelques pas parmi les badauds et soudain mon corps ne me suivait plus, ma tête se vidait au fur et à mesure que j'avançais, j'étais mal à l'aise, j'allais au hasard, je frissonnais...et soudain, comme si je n'avais plus de pile, je me suis arrêtée net, j'ai regardé autour de moi, et j'ai senti une douleur qui sortait du plus profond de moi, elle parcourait mes entrailles de la gauche, vers la droite, du bas vers le haut, jusqu'à ce qu'elle atteigne mes yeux et fasse couler mes larmes que j'entassais depuis des années... J'ai réalisé que là, je n'étais pas chez moi, les visages pourtant familiers, je ne les reconnaissais plus...alors j'ai fait demi tour et le coeur meurtri, je suis très vite retourné dans ma voiture. Je me suis enfermée dans un silence profond, je ne contrôlais plus mes pleurs et du fond de mon âme, je criais: "Mais chez moi c'est là-bas! à Annaba!"

Le 1er mai 2010, je suis allée dans mon pays en Algérie, à Bône dans ma ville natale. J'avais peur de ce voyage, peur de remuer un passé encore trop douloureux, quarante huit ans de souvenirs enfouis qui avaient du mal à faire surface, qui de toute façon ne devaient pas faire surface puisque c'est une douleur que chaque "Pieds noirs" a au fond de soi. Et puis quand de l'avion, j'ai aperçu la côte, le cap de garde, les plages: Toche, la Caroube, Chapuis, St Cloud quand j'ai survolé le port, déjà de cet espace aérien j'ai tout reconnu, j'énumérais un à un tout les lieux que je voyais et je criais à mon mari: "Filme...filme...". L'avion se rapprochait de la terre ferme et au contact du sol, j'ai fermé les yeux, j'ai freiné avec lui et j'ai réalisé...voilà...j'y suis sur les pas de mon enfance...

Dans le car qui nous attendait, sans calcul, je me suis assise à la première place qui s'offrait à moi, je n'étais pas la 1ère ni la dernière du groupe et j'ai eu la chance d'avoir une place avec une grande baie vitrée. Une fois installée, j'ai réalisé que sans le vouloir, j'étais assise du bon côté, tout ce que je ne voulais pas rater dès les premiers instants étaient de mon côté à droite, déjà dans l'avion j'étais assise à droite et ce n'est que de cet angle que l'on peut voir les premiers paysages de Bône. La chance me souriait...

La route qui nous conduisait vers la ville, remuait déjà mes souvenirs...dans le brouhaha heureux des passagers, on entendait par ci par là le nom des lieux que nous traversions, les appareils photos, les caméras étaient sortis des sacs et prenaient déjà leur fonction...j'ai regardé mon amie Thérèse qui était assise sur ma gauche et lui ai dit: "ça y est Thérèse, on est vraiment chez nous!".

Comme il était tôt, notre charmante guide Amel, nous a proposé avant de nous rendre à l'hôtel de nous arrêter sur le cours Bertagna pour y déguster un créponnet. Voilà le mot était lancé, tous les Bônois n'ont eu de cesse de parler du fameux créponnet, voilà des années que nous en rêvions et à peine arrivés ce bonheur nous était donné... Quarante cinq personnes à servir c'est long surtout pour les derniers dont notre petit groupe de sept en faisait partie.

Les créponnets
Le cour Bertagna et les créponnets

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Mais la chance me suivait toujours, mon mari et moi avons été servi, avant mes amis, avant Thérèse, Chantal, Francis, Jean Pierre et Jacques, je n'ai pas pu attendre et j'ai commencé à déguster ce breuvage des Dieux, chaque cuillérées je les dédiais à mon père, à ma mère, à ma soeur, à mes frères, déjà j'étais seule au monde avec les saveurs qui réapparaissaient petit à petit, à chaque cuillérées je fermais les yeux et m'entendais chuchoter: "HUM, que c'est bon...". Puis le car a repris sa route vers notre hôtel, nous avons traversé la ville par la côte, le port toujours aussi actif, nous quittait tranquillement juste le temps d'entendre les Bônois criaient: "La grenouillère! c'est la grenouillère!...à droite!". Elle est fermée depuis longtemps notre chère grenouillère, mais l'odeur des merguez, des chips fraîches, a traversé le car... Puis la jetée, le rocher de Lion, la plage Gassiot, St Cloud, tout allait trop vite et nos appareils photos ne pouvaient plus suivre nous ne voulions rien rater, et trop vite à notre goût, nous sommes arrivés à notre hôtel...

A ma descente du car, au bout de la rue, tout prêt, je voyais un petit bout de la plage St Cloud, j'avais hâte de déposer mes bagages et de pouvoir enfin piétiner ma terre. Nous avons eu du mal à trouver notre chambre, nous avons demandé à une femme de chambre qui se trouvait dans le couloir où était la chambre 330, elle nous a conduit, a ouvert la porte et quand j'ai vu que de la fenêtre on voyait toute la côte jusqu'au Cap de Garde, j'ai embrassé la dame et je l'ai serrée très fort en la remerciant, je voyais la mer c'était encore un beau cadeau.

La vue de ma chambre d'hôtel

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Je me suis longuement attardée sur le bord de la fenêtre...et me suis souvenue de nos baignades à la plage st Cloud, de ma grand-mère Henriette qui me voyait, avec mon cousin Titou, partir au fil de l'eau sur une grosse chambre à air, qui ne nous lâchait pas des yeux et nous criait: "Cloclo, Titou revenez ici, vous allez vous noyer un de ces jours!...", j'ai revu maman qui courrait derrière moi, un foulard à la main: "Mets toi ça sur la tête, tu vas attraper un coup de soleil!...". Curieusement, l'hôtel "El Mouna", est situé juste en face de l'endroit où sur la plage, nous nous asseyions. J'étais bien, je me sentais bien, je respirais de nouveau l'air de mon enfance... Mon mari m'a réveillée de mon bonheur, il fallait se hâter, on nous attendait en bas, pour aller jusqu'au Cap de Garde. Mon Dieu c'est vrai, le cap de Garde, nous attendait, là où papa allait souvent pêcher, là où il descendait les pentes abruptes, là où il emmenait mon frère, les amis pour les initier à son mode de pêche, là où maman lui criait: "Mais t'y es fou, tu vas les tuer , tu vois pas comme c'est dangereux ici...", qu'importe, c'est là que papa prenait les plus gros sars... Je suis vite descendue, je suis montée dans le car, j'étais seule au monde avec mes souvenirs, le Cap de Garde m'attendait...et je l'ai revu et j'ai pleuré mes premières larmes de bonheur...je les ai dédiées à papa et à mon frère André trop tôt disparu...je reconnaissais chaque pente, chaque rocher...j'allais d'un côté de l'autre, j'étais transportée, je volais...

Je sentais la présence de papa et de maman à mes côtés...

Le cap de Garde

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Puis, j'ai essayé de m'isoler, pour vivre ces moments intenses, mais de jeunes étudiants de Constantine en voyage à Annaba, m'ont interpellée pour me demander qui j'étais...en quelques mots je leur ai dit que j'étais née ici à Bône et que je venais faire un pèlerinage, ils m'ont posé pleins de questions auxquelles j'ai répondu sans détour, et j'ai entendu ces premiers mots qui m'ont fait chaud au coeur: "Bienvenue, chez vous!..."

Oui, j'étais chez moi...

Nous sommes redescendus et nous nous sommes dirigés vers le "Vivier". Plus nous nous en approchions, plus je reconnaissais ses couleurs bleues, j'étais tout près de la porte de sortie au milieu du car, je n'ai pas attendu que l'on me dise de descendre, mais j'ai demandé si je pouvais aller sur le lieu même, on m'a dit que ce n'était plus comme avant, mais qu'importe, le vivier était toujours là lui aussi. J'ai traversé la petite passerelle, en dessous il y avait toujours les oursins, mais dans les viviers il n'y avaient plus les homards, il n'y avait plus les langoustes... mais je les voyais...et papa les voyait aussi... Attirée par des bruits, j'ai levé les yeux, mes amis étaient restés en haut et  me faisaient des petits coucous de la main, c'est étrange, cela n'a duré que quelques secondes, mais ce n'était plus mes amis que je voyais mais toute ma famille comme avant... Puis j'ai été attirée par le chant d'un oiseau, c'était un chardonneret dans une cage, mon Dieu, nous avions le même ici sur notre balcon rue Condorcet, maman n'avait pas voulu le laisser, nous sommes partis en France avec une seule valise mais avec le chardonneret dans sa cage. Je me suis longtemps attardée sur ce petit oiseau, tout seul dans sa cage, j'ai mis un doigt entre les barreaux, il s'en est approché par petits sauts, m'a regardée et s'est remis à chanter en s'éloignant.

Le vivier
Le chardonneret du vivier

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Je suis remontée bouleversée et encore une fois j'avais envi de vite me retrouver toute seule, encore et toujours pour savourer ces instants...mais, le car avait changé de place et j'ai du faire un bout de chemin avec les autres Bônois, mais je me suis plu à leur raconter que lorsque j'étais petite, je n'aimais pas trop venir ici car j'avais peur des langoustes et des homards...

Déjà nous avions survolé une grande partie de la côte, il se faisait tard, il fallait rejoindre l'hôtel... Le rendez-vous du lendemain, le cimetière et Saint Augustin. Toute la nuit, j'ai parcouru le chemin  qui allait me conduire vers ma soeur et vers mes aïeuls, je savais où je les trouverai...mais je ne savais pas dans quel état je les retrouverai.

Le lendemain, c'est le coeur battant que je suis montée dans le car, je pensais: "Mon Dieu, je vais revoir ma soeur!". Le trajet m'a paru très court, déjà, les grilles du cimetière m'ouvraient ses portes. Telle une automate, j'ai suivi mon instinct et je suis arrivée pile devant le caveau de ma soeur et de mon grand-père paternel. J'y venais une à deux fois par semaine avec ma grand-mère, pour renouveler les fleurs et pour rendre le marbre plus brillant encore. J'ai eu un sentiment de bonheur de me retrouver là...vite, j'ai sorti les photos que j'avais préparées avant de partir...dans une fente, je les ai glissées...j'ai voulu que ma soeur ne soit plus seule, maman, papa, ma soeur Marie Thé, mes Frères, André et Bernard et moi, nous sommes à jamais à ses côtés. Et pour mon grand-père, j'ai glissé une photo de ma grand-mère Henriette sa femme. J'avais acheté des fleurs séchées, un lys pour ma soeur, une rose pour mon grand-père, en voulant les fixer sur une barre transversale en marbre, la barre a cédé et elle est tombée, laissant apparaître une fissure. J'étais un peu bouleversée, mais je me suis dit, que peut-être ma soeur, voulait que j'emmène un petit bout de son âme avec moi. Je me suis longuement recueillie et petit à petit, mes larmes ont eu raison de mon bonheur, la tristesse m'envahissait, j'avais une boule sur le coeur, je pensais à ma pauvre maman qui a dû abandonner là son enfant, quelle souffrance pour elle et pour mon père aussi bien sur... Alors j'ai levé les yeux vers le ciel et j'ai dit: "Maman, je suis là pour toi...".

Le caveau de ma famille

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Il fallait que j'aille retrouver la tombe de mon grand-père maternel, j'ai dit à ma soeur, je reviens te voir tout à l'heure. J'ai repris le petit bout du chemin sans la quitter des yeux. J'ai cherché, cherché je n'ai pas trouvé sa tombe, je savais que j'étais tout prêt de lui, je lui criais: "Mais où es-tu?". Là...il y avait des tombes vandalisées, j'ai voulu entrer parmi elles, attirée par une force inconnue, mais une d'elle a craqué sous mes pieds laissant un trou béant, un des accompagnateurs qui était tout prêt m'a dit qu'il ne valait mieux pas s'aventurer ici, tout était vraiment trop dangereux... Alors je suis restée aux alentours j'ai prié et j'ai dit: "Moi, je ne te vois pas, mais toi, tu me vois pépé...je suis là..." J'ai fait une prière pour tous ceux qui étaient là, qui n'avaient pas eu une seule visite depuis 48 ans. Puis le coeur triste, je suis retournée vers ma soeur, j'ai glissé la photo de ma grand-mère maternelle Rosine et l'autre rose que j'avais achetée pour son mari, mon grand-père maternel... Ainsi j'ai le sentiment de nous avoir tous réunis.

Le long de la route qui nous conduisait vers St Augustin, je n'ai eu de cesse de penser à ma pauvre soeur, je culpabilisais de partir, j'aurai voulu rester encore un moment avec elle, j'aurai aimer encore lui dire tellement de chose, 48 ans loin d'elle... mais il m'aurait fallu le reste de ma vie pour lui crier mon amour...

La vue de la Basilique de St Augustin, a doucement épongé mes yeux et apaisé mon coeur...le car nous a arrêtés aux pieds de la colline, mon Dieu, je vais monter là haut, je vais prendre le même chemin que celui de mon enfance, les marches sont les mêmes, je ne les ai même pas trouvé vieillies, j'ai commencé l'ascension et j'ai dit tout haut: "Un jour, pour une procession, je suis montée à genou jusqu'en haut avec maman!" et là j'ai de nouveau senti mon coeur battre, j'avais mal dans ma chaire, alors j'ai rejoins mon amie Thérèse qui était légèrement plus haut et je lui ai dit: "Attends Thérèse, viens, on va monter toutes les 2 ensembles tranquillement, il faut que nous réalisions où nous sommes, après ce sera trop tard!". Serrées l'une contre l'autre, dans le bonheur, nous avons gravi les marches de notre enfance. St Augustin nous attendait. Nous étions les premières à entrer dans l'enceinte de la Basilique après que le curé nous ait souhaité la bienvenue sur le parvis. Thérèse et moi nous sommes séparées pour mieux nous imprégner de ce saint environnement. Rien n'a changé...tout est comme avant, j'ai fait le tour, j'ai enfoui au fond de moi, chaque image qui s'offrait à moi, je ne voulais pas repartir comme il y a 48 ans...

Le tombeau de Saint Augustin

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Puis, je me suis agenouillée, au coeur de la nef, Thérèse était déjà là... La tête entre nos mains, nous pleurions à gros sanglots, à cet instant nous étions seules au monde avec nos souvenirs et personne n'aurait pu y faire quoique ce soit... D'autres personnes du groupe sont venues nous rejoindre, puis le curé est venu nous réconforter en nous demandant de ne garder que les bonnes choses de nos souvenirs et avec lui, nous avons réciter "le notre Père" et le "je vous salue Marie". Ces instants furent très douloureux, nos larmes étaient bien des larmes de tristesse, on savait qu'il fallait repartir d'ici, je suis sortie à reculons pour mieux dire adieu à Saint Augustin, qui m'a vu naître, mais ne me verra pas mourir...qui m'a vu en communiante quand je montais le chemin avec ma robe blanche sous la chaleur et que le cierge fondait à vue d'oeil, qui m'a vu heureuse et triste maintenant...j'ai rejoins mon amie Thérèse, nous nous sommes serrées l'une contre l'autre et nous sommes redescendues toutes les deux, seules, accompagnées de notre chagrin... Sur le chemin, je me suis baissée pour ramasser 2 pierres que j'ai enfouies au fond de ma poche.

Le mardi, nous avons visité Guelma, ses environs, la cascade blanche, cascade de souffre à Hammam Meskoutine, je ne connaissais pas cette région, je l'ai appréciée.

Puis à notre retour, comme il était tôt, notre guide nous a proposé de nous arrêter de nouveau sur le cours Bertagna, afin de fêter l'anniversaire d'un de nos accompagnateur. Nous nous sommes garés et le temps que tout le groupe s'installe, et comme nous étions tout près, Amel, nous a proposé d'aller visiter l'école Caraman. Alors là, Thérèse Chantal et moi, sautions de bonheur, on ne savait plus où on était, la joie nous envahissait, déjà je devançais tout le monde, le chemin, je le connaissais par coeur, j'entendais des voix qui me criaient:

"Attends, attends, attend-nous au moins!...", mais je ne les écoutais pas, j'avais l'impression que je volais vers mon enfance, une force inconnue me poussait par derrière, une autre m'attirait vers l'avant, j'étais dans un couloir étroit qui me menait tout droit vers ce lieu enfoui au fond de moi, ce lieu qui me hantait depuis des années et qui tout à coup se bousculait en moi et voulait s'extraire de mon corps pour y retrouver sa place. Je fonçais tête baissée jusqu'à cette petite rue que j'ai tant parcourue, elle était telle que je l'avais laissée, la même, sombre, étroite, les mêmes petites boutiques, et au tournant...voilà mon coeur...repose toi...elle est là ton école...

Sur la place, il y avait toujours la même petite épicerie dans laquelle nous achetions nos bonbons, des enfants jouaient, ils sont venus vers moi, je leur ai dit qu'enfant j'étais dans cette école, ils ont compris que je voulais rentrer, ils sont allés frapper à la porte, arrêtés par un policier qui nous escortait. La porte s'est ouverte, le policier a parlé en Arabe au gardien et ce dernier, nous a ouvert la porte... Une bouffée de bonheur m'a envahie, ma main s'est posée sur la poignée de la porte du CP à gauche, elle était fermé, peu importe, j'ai traversé ce petit couloir et me suis retrouvée dans la cour, j'en ai fait tout le tour, je m'arrêtais aux quatre coins, je suis allée vers la classe du CE1, elle était ouverte, je suis entrée, j'ai pris une photo, je n'avais pas assez de mes yeux pour tout regarder, puis je me suis dirigée vers l'escalier, je suis montée à toutes jambes, j'ai ouvert la classe du certificat d'études, je suis rentrée, j'ai fait le tour, j'étais une fourmi qui se faufilait dans les moindres recoins, je suis ressorti et j'ai crié à mon mari qui était encore en bas dans la cour:

- "Mais qu'est ce que tu fais, viens, suis moi, filme !...".

- "Mais comment veux-tu que je te filme, tu courres partout, je ne sais même pas où tu es où tu vas!...".

Nos places à l'époque du certificat d'étude
Ma classe en CM2

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Alors je suis redescendue sur terre... Je me suis calmée et je suis allée à la rencontre de mon mari, je voulais qu'il me filme dans toutes les classes où j'étais passée, je me suis assise aux mêmes emplacements de mon enfance, les bureaux étaient toujours les mêmes, en bois tout délabrés maintenant, avec leur encrier, vide, mais dont le parfum de l'encre m'arrivait encore jusqu'aux narines, les mêmes graffitis, j'ai essayé de retrouver mon nom mais d'autres graffitis les avaient  recouvert, j'ai appelé Thérèse et Chantal afin que nous fassions des photos ensemble et nous avons profité au maximum de ce bonheur qui nous a été donné. A ces instant précis, nous avions 10, 12, 14 ans... Notre joie, n'a pas échappé, aux personnes venues nous accompagner, nous avons remercié le gardien et nous sommes ressorties le coeur allégé. J'ai regardé derrière moi, j'ai revu la rue où habitait ma camarade Arabe qui a fait toute sa scolarité avec moi dans cette école, j'ai demandé à des personnes si elles habitaient dans le quartier et si éventuellement elles connaissaient Manouche!...

Manouche doit avoir mon âge maintenant: 62 ans, mais à cet instant dans ma tête elle était encore une enfant.

Nous sommes allés rejoindre le groupe sur le cours Bertagna, tout le long de la route, nous chantions: "Nous on s'en fou maintenant on a revu notre école Caraman...", sur l'air de: "il est vraiment, il est vraiment il est vraiment phénoménal la la la lala". C'est dans la joie que nous avons rejoint notre hôtel, tous les petits chagrins de la journée avaient été estompés par cette visite dans notre école...

Puis le mardi nous sommes allés jusqu'à Soukaras, là nous y avons vu un olivier millénaire, la ballade bien que longue et sous des trombes d'eau, fut agréable.

Mais le jour que j'attendais le plus et que tous les Bônois attendaient, c'était le mercredi, le dernier jour de notre séjour mais surtout la fameuse "journée libre". Cette journée nous l'avons préparée la veille avec nos deux guides, afin de faire le plus de choses possibles, nous étions quatre Bônois dans notre petit groupe et nous avions décidé de nous suivre partout, d'accompagner chacun d'entre nous, dans les lieux de son enfance, facilité par le fait que nous étions trois amies de la même école et du même quartier et Francis était aussi de notre quartier.

Le départ à 9h le matin, nous a vu très heureux, nous allions enfin retourner là où nous avions le plus de souvenirs... La première étape, bien sûr, nous voulions absolument retourner au cimetière, personnellement, je ne pouvais pas être encore dans ma ville et ne pas aller dire un dernier adieu à ma soeur. Lorsque je suis arrivée devant le portail en fer, mon coeur s'est mis à battre très fort. Je me suis dirigée vers elle, doucement, tranquillement, je savais que c'était sans doute ma dernière visite, alors je voulais que chacun de mes pas laisse une empreinte indélébile jusqu'à son tombeau...

- "Voilà, ma chère soeur, je suis venue te dire adieu, l'autre jour, j'avais mal de te quitter, j'avais encore tant de choses à te dire et aujourd'hui, je ne trouve pas les mots, mes entrailles me font si mal, j'ai le coeur serré, je venais te voir 2 fois par semaine et un jour en 1962, je t'ai abandonnée. Quarante huit ans loin de toi... Ma chère soeur, je dois encore te quitter... Je T'aime...".

Nous nous sommes tous retrouvés devant le portail, les yeux encore rouge de chagrin, et, nous sommes repartis vers nos souvenirs. Tout prêt du cimetière habitait ma grand-mère maternelle, j'ai vu la boutique qui à l'époque était une petite épicerie où mémé allait faire ses courses et où nous allions acheter des bonbons avec les quelques pièces qu'elle nous donnait lorsque nous repartions de chez elle, maintenant c'est un magasin d'informatique...et juste en face j'ai reconnu la côte qui montait vers sa maison. J'étais sûr que c'était là, des frissons parcouraient mon corps et j'étais projetée en avant, mais bien vite, j'ai su qu'elle n'était plus là, elle avait sans doute était démolie, mais Mounir notre guide a insisté pour que nous allions un peu plus haut, mais c'était en vain, la maison, de mémé n'était pas si loin... Puis nous sommes redescendus, à chacun de mes pas j'essayais de trouver un indice, je ne l'ai pas trouvé tout avait changé, mais qu'importe, je suis forcément passée devant et j'ai forcément laissé mon empreinte sur le pas de sa porte...

De là, la colonne Randon n'était pas loin, elle était plus prêt que dans mes souvenirs, en quelques enjambées, nous sommes arrivés juste "aux quatre chemins":

- "Mon Dieu, voilà la boutique de Madame Cutayar, filme Fernand, filme...c'est pour mes cousines, les jumelles Michelle et Janine, c'est leur grand-mère et leur maman qui tenaient cette boutique et là c'est la rue où elles habitaient, c'est au fond, tout au fond... mon Dieu, elles vont être contentes de revoir tout ça!".

Je ne suis pas allée au bout de la rue, nous n'avions pas trop le temps et puis la colonne n'a pas changé, il y a toujours autant de monde dans les rues et malgré les nombreux témoignages de sympathie, nous préférions ne pas prendre de risques. Nous avons continué notre chemin, nous sommes allés à l'Orangerie pour Chantal qui a retrouvé la maison de son grand-père, à l'usine à gaz, où travaillait mon père et le père de Thérèse. Thérèse est venue habiter avec ses parents à l'usine à gaz, quelques mois avant nos départs en 1962. Puis nous nous sommes dirigés vers le collège technique, au grand bonheur de Francis, c'était son collège, il est toujours ouvert, des étudiants nous faisaient des petits coucous par les fenêtres et Francis a eu l'autorisation de pénétrer à l'intérieur et de filmer, il était heureux comme un gamin. Pendant ce temps, nous, nous discutions avec des commerçants, nous avons longuement parlé avec eux, ils nous ont eux aussi souhaité la bienvenue, ils nous ont laissé leur numéro de portable, voulaient absolument que nous venions mangé chez eux, bref, nous nous sommes fait de très bons amis, ils nous ont donné une bouteille d'eau à chacun d'entre nous et nous les avons laissés un peu triste. Nous sommes allés déjeuner dans un petit restaurant tout prés du marché couvert et ensuite nous sommes allés pour Francis à la place d'armes, là il y a reconnu des tas de maisons des boutiques, comme il était heureux... Chantal a retrouvé le commissariat où travaillait son papa, il n'avait pas changé non plus et tout à coup au détour d'une rue, un endroit qui nous reconnaissait...on arrivait devant notre école Caraman, nous aurions voulu retourner encore une fois à l'intérieur, mais il y avait classe, alors le directeur n'a pas voulu nous laisser entrer, ce n'était pas grave, nous avions eu ce bonheur quelques jours avant.

Dernière étape...notre quartier Beauséjour...

Nous avons fait le chemin à pieds bien sur... de l'école jusqu'à chez nous...

Mon Dieu, tous les souvenirs refaisaient encore surface, chaque bout de trottoir nous reconnaissait, nous avons traversé le boulevard Victor Hugo, avec notre légèreté d'adolescents:

- "Filme Fernand, filme, c'est la route que je prenais, regarde là c'est le lycée Mercier, je le longeais jusqu'au bout, tu vois là bas au fond...filme tout".

Je me suis un peu attardée où il y avait notre chère et belle Cathédrale, elle a disparu, mais elle est toujours dans notre coeur.

Puis nous sommes arrivés sur la place où il y a le "pêcheur de patelles", je me souviens très bien de l'époque où cette place a été rénovée, je me sentais si bien, j'étais dans mon quartier, j'étais chez moi, je suis passée tellement de fois devant cette place. Puis j'ai pris Thérèse par le bras, nous arrivions au bas de sa rue, la rue Gounot, je sentais battre son coeur et le mien l'accompagnait, Thérèse c'est mon amie d'enfance, cette rue je la connais autant qu'elle, sa maison je la connais sur le bout des doigts, je l'ai accompagné si souvent et aujourd'hui, je voulais aussi être auprès d'elle.

Au fur et à mesure que nous en approchions, je l'entendais dire:

- "Oh! lala!... Oh! lala!... Oh! lala!?

Puis... voilà Thérèse, elle est là ta maison! elle était très émue, mais je l'étais autant qu'elle, malheureusement elle était fermée et Thérèse n'a pas pu rentrer, mais elle s'est appuyée longuement sur les grilles, elle trouvait le petit bout de jardin devant tellement petit:

- "Tu te rends compte Cloclo, me disait-elle, nous jouions là, devant, c'était si petit?".

Oui, Thérèse nous avons grandi...

Puis nous nous sommes dirigés vers la rue Condorcet, là où Chantal Francis et moi habitions...

Du haut de la rue Manet, je commençais à apercevoir mon immeuble, mon coeur battait si fort que j'avais du mal à retenir mes larmes, mais, plus je m'en approchais plus je me sentais des ailes et le bonheur a eu raison de ma peine, j'ai vu du linge étendu sur le balcon, je me suis dit: "Quelqu'un habite dans cet appartement! mon Dieu faites que je puisse renter...".

Mon immeuble

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J'ai encore une fois été attirée par une force inconnue qui m'a projetée sur le perron, les mêmes marches...les mêmes pierres de chaque côté du même portail...je me suis précipitée à l'intérieur, puis je suis vite ressortie, en me disant: "Doucement Cloclo tu n'es plus chez toi! qu'est-ce que tu vas faire hein? et si les gens ne te laisse pas entrer!..." et de nouveau j'ai eu mal... mes larmes ont eu raison de ma joie précipitée, j'étais prête à renoncer à ce bonheur qui me tendait les bras. A ce moment là une dame est entrée dans l'immeuble, le guide qui ne m'avait pas quittée d'une semelle, lui a parlé en Arabe car visiblement elle ne comprenait pas le Français, puis la dame m'a fait comprendre de la suivre, je me suis retrouvée sans vraiment réaliser, dans ce couloir tout en marbre où j'ai tant joué, j'entendais ma grand-mère qui en était concierge, qui nous criait que nous allions tout lui salir...je sentais comme une envie de taper aux portes du rez-de-chaussée comme si madame Pappalardo ou madame Maurier allaient m'ouvrir...mémé ma chère mémé, tu habitais là, toi aussi en bas...je te vois, je te sens...j'ai commencé à gravir les escaliers, les mêmes...protégés par la même rampe, je montais vers mon enfance...le premier  étage, là aussi, soudainement je me suis rappelée du nom de nos voisins, puis je suis arrivée au deuxième,...je ne savais plus si j'étais heureuse ou triste, tout était confus, ma tête bouillonnait de mille choses, je voyais mes parents ma soeur, mes frères, j'étais là...dans ce couloir si intime pour moi, dans cet immeuble qui m'a vu grandir, là aussi, j'avais envie de voir toutes les portes s'ouvrir, j'avais envi de crier: "C'est moi, Cloclo, je suis revenue!...". la porte, notre porte, la même couleur, la même poignée, la même sonnette... "Mon Dieu, donnez-moi la force de tenir, de ne pas craquer maintenant, je suis si près de mon but!". J'ai frappé des petits coups et en même temps, j'avais envi de traverser la porte, toujours attirée par cette force... le temps me paraissait si long...puis j'ai entendu ce bruit si familier de la serrure...la porte s'est ouverte... timidement une jeune fille a montré son bout de nez:

- "Bonjour, excusez-moi de vous déranger, vous parlez Français?"

- "Oui!"

- "Je suis née ici dans cet appartement!..."

Je n'ai pas pu dire un mot de plus j'étais submergée pas mes émotions...

La porte s'est ouverte en grand, une dame s'est approchée, les bras tendus...

- "Venez, venez, entrez, vous êtes la bienvenue!"

- "Je suis née ici, j'ai vécue ici jusqu'à mes quatorze ans!"

- "Entrez, vous êtes ici chez vous...venez... visitez tout!"

Mon Dieu comme j'étais heureuse, j'ai levé les yeux vers le ciel et j'ai dit:

- "Maman, papa je suis chez nous, vous vous rendez compte, je suis dans votre appartement, dans notre appartement...". Fernand a demandé si il pouvait filmer et il m'a suivi partout, j'ai fait le tour de mon enfance...la salle à manger avec le même balcon, le même carrelage, la cuisine, installée comme avant...

- "Il y a un placard là dans le fond?..."

- "Oui, allez voir..."

Il était toujours là avec les même étagères, disposées de la même manière, je venais souvent me cacher à l'intérieur pour manger le chocolat que maman cachait...,je me suis penchée par la fenêtre pour revoir la petite cour en bas, je suis rentrée dans la chambre de mes parents, les meubles étaient disposés de la même manière et l'armoire ressemblait étrangement à celle de mes parents, pour eux, c'était aussi la chambre des parents. Puis dans ma chambre il y avait la grand-mère malade, on lui a dit qui j'étais elle s'est levée pour m'embrasser, je me suis un peu attardée ici, j'ai revu le lit où ma soeur et moi dormions, la machine à coudre de maman, l'armoire que papa avait faite, le myrus, le balcon...comme mon coeur battait... Dans la salle de bain, le lavabo, n'avait jamais été changé, mais le carrelage avait été refait et une baignoire remplaçait le tub que papa avait installé, j'ai ouvert machinalement la fenêtre qui donnait sur le balcon, il me paraissait si petit, de là, j'ai regardé tout autour, à gauche, à droite, devant, au loin, tout, tout m'était si familier... Je leur ai montré une photo qui avait été prise sur ce même balcon lorsque j'avais 5 ans, puis je me suis retournée vers le mur et en même temps que je disais là, il y avait un chardonneret dans une cage, j'ai vu que le clou était encore là, tout rouillé, je l'ai touché pour laisser mon empreinte...

- "Et le placard dans le couloir il est toujours là?..."

- "Oui, il est toujours là..."

J'ai dit:

- "Mais les peintures du couloir sont les mêmes!"

- "Oui, on a repassé de la peinture dessus mais c'est la même couleur, nous on habite depuis 1965 ici..., Vous allez rester avec nous, vous allez manger avec nous, vous êtes ici chez vous!"

- "On ne peut pas on a des amis et nos guides qui nous attendent en bas!"

- "Alors on vous sert quelque chose à boire!"

Il y avait dans cet appartement la maman, la grand-mère, une petite fille de 5 ans, une adolescente et deux jeunes filles adorables dont une est psychologue à l'hôpital d'Annaba, elle nous a parfumé pour nous souhaiter la bienvenue, et qui de part sa profession savait très bien ce que je pouvais ressentir. Elles n'ont eu de cesse de me répéter que j'étais chez moi ici.

Nous avons échangé nos numéros de téléphone et nos adresse mails, la maman nous a servi un jus de fruits et m'a dit d'aller aussi voir les WC et d'aller y faire pipi...puis elle m'a demandé si je voulais monter sur la terrasse, mon Dieu oui, la terrasse d'où l'on peut voir la colline de Bugeot et tous les toits de Bône, nous sommes montés, la dame m'a fait remarqué que la clé était toujours la même, mais je l'avais déjà remarqué et vu aussi que la porte était la même...lorsque j'ai mis un pied sur le pavé en grés qui n'avait jamais été changé mais qui était bien usé, j'ai ressenti le parfum du linge propre que maman venait parfois étendre, puis, comme si quelqu'un me tapait sur l'épaule, je me suis instinctivement tournée vers la buanderie, elle était toujours là aussi, bien sur je vais me répéter, mais elle non plus n'avait pas changé, le bac en ciment était le même, les murs avaient gardés le même enduit que papa avait passé un jour où il avait trouvé que les murs commençaient à se délabrer, elle m'a dit que la buanderie ne servait pas souvent mais qu'il y avait toujours de l'eau. Sur le bord à droite, il y avait un gros morceau de savon de Marseille, je me suis dit:

- "Et si c'était celui de maman? Qui sait!..."

J'ai fait tout le tour de cette terrasse, je ne voulais que rien ne m'échappe de nouveau, j'ai tout pris, tout... Puis la dame m'a demandé si je voulais descendre jusque dans la petite cour, je n'aurais pas oser lui demander, mon coeur n'a cessé de se demander si je rêvais, je pensais mon Dieu quand je vais dire à ma soeur et à mon frère tout ce que j'ai revu. La porte de la petite cours était aussi fermée à clé comme par le passé, elle a ouvert, mon coeur a cessé quelques instant de battre, j'ai mis mes doigts sur ma bouche, j'ai fermé les yeux qui commençaient à se mouiller de mes larmes, il faut que je réalise où je suis tout va si vite, j'étais fébrile, mes jambes ne me soutenaient plus, je me souvenais de ces deux petites marches...alors je les ai descendues, une image furtivement a parcouru mon corps et mon coeur, c'est là qu'un jour je me suis mariée avec Joël mon copain d'enfance, j'avais un voile blanc retenu par une couronne de fleurs d'oranger et des fleurs des champs dans les bras, Marie Claude était notre témoin, en guise d'alliances nous avions des anneaux de rideaux, dix fois trop grands pour nous, puis nous avions fait un copieux goûter en guise de repas de noce, nous avions dix ans... La petite cour, ma petite cours était toujours là, le sol était aussi le même, j'ai levé les yeux pour apercevoir les fenêtres, je voyais maman penchée qui parlait avec ses voisines, les cagibis étaient les mêmes, j'ai montré celui de mon père, il était fermé avec un cadenas comme par le passé, il y avait la même cuve à eau... Mon Dieu tout est resté en l'état... Maman, papa, ma grand mère ne m'ont pas quittée une seconde à chaque pas que je faisais ils étaient là, ils m'accompagnaient, je les sentais et j'étais heureuse, si heureuse...

- "Est-ce que vous êtes contente, est-ce que vous trouvez que c'est propre, est-ce que l'appartement est bien entretenu?...".

Oh ! oui, que j'étais contente, et c'est vrai que ma grand mère aussi doit être contente de voir son immeuble si bien entretenu, et je leur ai dit que j'étais heureuse qu'une famille telle que la leur habitait ici, ils m'ont dit qu'ils se plaisaient beaucoup dans cet appartement et qu'il s'y sentaient bien et que maintenant peut-être plus encore, depuis qu'ils me connaissaient. Je les ai remerciés du fond du coeur de cet accueil chaleureux, jamais je ne les oublierai...je suis restée un moment dans le couloir de l'immeuble qui m'était si familier, j'ai regardé les boîtes aux lettres, c'étaient les mêmes, elles étaient toutes délabrées, certaines étaient grandes ouvertes, et machinalement j'ai essayé d'ouvrir une des seules qui étaient fermées, je me suis souvenue que c'était la notre, alors j'ai essayé de voir si je voyais notre nom, mais non, le petit encadrement où nous glissions le nom avait disparu.

J'ai rejoins mes amis qui m'attendaient au coin de la rue, le coeur léger, le sourire aux lèvres, voilà, tout ce que j'appréhendais, tout ce que j'avais peur de ne pouvoir revoir, tout m'avait été donné, j'étais comblée. Maman, papa, mémé Henriette, mémé Rosine j'ai fait cela aussi pour vous...

Si je devais écrire toutes les minutes, toutes les secondes de ces instants de bonheur, je n'aurais pas assez de toute ma vie pour en finir.

Je remercie l'association "l'amical des Enfants de Bône", qui m'a permis de vivre ces moments si forts, sans eux, jamais je ne serais retournée dans mon pays, dans ma très chère ville de Bône la coquette.

Cloclo

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